7 ENTRE NOUS - Willy Borsus

03 décembre 2020 à 14h46 - 956 vues

Willy Borsus : « Je serai disponible pour Marche-en-Famenne
si les citoyens m’accordent leur confiance»

 

Willy Borsus est l’un des leaders politiques les plus en vue en province de Luxembourg et, au-delà, en Wallonie. Ministre notamment de l’Economie, de l’Agriculture et de l’Innovation, il est aussi vice-président du gouvernement wallon. Invité de « 7 entre nous », il fait de la situation sanitaire la priorité absolue, il plaide pour la relance et la transition à réussir en Wallonie, il évoque les conditions d’un rapprochement Marche-Rochefort et il réaffirme sa disponibilité dans le futur pour Marche et les Marchois. Extraits de son interview qu’on peut écouter in extenso en podcast.

ENFANT DE LA FORÊT ET DE LA NATURE.- « Mon père était ouvrier forestier et il avait une ferme qui était aussi tenue par maman. On est en des gens de la terre et en même temps, j’ai, très forte en moi, cette accroche pour tout ce qui est forêt et nature.  Ce sont mes racines. Enfants, on allait bien volontiers charger les ballots, travailler dans les champs, conduire le tracteur. On avait cette émotion par rapport aux senteurs de la fenaison. On se levait le matin pour aller travailler à l’étable avant d’aller étudier. Il y a aussi une dimension un peu tragique dans mes souvenirs, puisque mon père est décédé dans un accident de tracteur. »

DU JURIDIQUE AU POLITIQUE.- « J’ai fait un graduat en droit à ce qui était alors l’IESN à Namur, qui fait maintenant partie de l’Hennalux. J’avais le goût du juridique. Mais très vite, je me suis engagé au sein des étudiants, puis des étudiants libéraux, et cette part d’engagement personnel est devenue de plus en plus importante. On m’a proposé de me lancer dans une première candidature aux élections provinciales, à une place non éligible, 4e sur 5 candidats. J’ai eu un résultat correct, 1.089 voix de préférence, et je l’ai perçu comme un signe positif. Au fil du temps, cet engagement est devenu une part importante de ma vie, y compris professionnelle. »

DISPONIBLE POUR MARCHE ET LES MARCHOIS.- « Devenir un jour bourgmestre de Marche ? Je réponds très clairement : oui, je serai disponible si les Marchoises et les Marchois me font confiance. En fait, j’ai cet attachement local depuis toujours, et il n’est pas artificiel. Autant je travaille avec intensité au niveau régional ou fédéral, autant j’aime cette proximité très concrète avec les gens, avec les dossiers, avec les aménagements. J’ai eu beaucoup de plaisir à exercer la fonction de bourgmestre à Somme-Leuze pendant un peu plus de 19 ans. En 2018, j’ai été candidat à Marche pour la première fois. Nous siégeons dans l’opposition, mais dans une opposition constructive. Il y a de bonnes relations majorité-minorité à Marche, c’est ce que les gens attendent de nous. J’ai repris ma position de chef de groupe de l’opposition à Marche, tout comme je l’ai vécu trente ans plus tôt à Somme-Leuze, ce qu’on a peut-être parfois oublié. Il y avait exactement un siège d’écart entre la majorité et la minorité. Alors que j’étais installé à Marche depuis un temps relativement court, les Marchois m’ont quand même crédité du deuxième score de la ville. Je l’ai perçu comme un signe d’amitié et positif pour le futur. Il est bien sûr à confirmer, ce sont les gens qui décideront et c’est très bien ainsi ! »

MARCHE-ROCHEFORT : LA DÉCISION REVIENDRA AUX CITOYENS.- « On voit qu’il y a au nord de la province de Luxembourg, un pôle qu’incarnent Marche et sa voisine namuroise Rochefort. Les liens entre les deux villes et leurs populations sont nombreux. Le rapprochement n’est pas du tout impossible. La démarche, que nous avons soutenue, au niveau de la ville est cohérente : une étude va analyser les avantages et les inconvénients, sans a priori, et j’ai plaidé avec force pour que, dans un deuxième temps, on donne la parole à nos concitoyens. S’ils sont prêts à franchir le pas, nous le serons. S’ils ne se projettent pas dans cette nouvelle ville, nous écouterons leur décision. »

LE FRONT MÉDICAL ET SANITAIRE, PRIORITÉ ABSOLUE.- « Dans la crise sanitaire actuelle, la priorité absolue, sans la moindre discussion, est de soutenir le front médical, infirmier, paramédical, des maisons de repos,… C’est vraiment là que le choc a eu lieu et qu’il s’observe encore aujourd’hui de façon très importante.  Dans mon département, nous avons d’ailleurs soutenu des projets de recherche à l’université de Liège, chez Kum à Marloie, pour faire des récipients pour tests salivaires ; on soutient de la recherche en matière de vaccins, et d’autres points qui sont en deuxième ligne mais tellement cruciaux en matière de santé. Et juste après, il y a le soutien économique car beaucoup de gens – indépendants, PME, institutions, certaines ASBL – souffrent. Rien que dans mon département, nous avons mobilisé près d’un milliard d’euros pour le socio-économique pour des vagues successives d’indemnités. »

RÉUSSIR LA RELANCE ET LA TRANSITION.- « Le rendez-vous de 2021 sera crucial pour la Wallonie. Le choc de la pandémie aura été très important. Tout ce qu’on peut faire en matière de santé, de biotechnologies, de secteur pharmaceutique en Wallonie est essentiel, et nous sommes très bien positionnés à cet égard.  Au plan économique, on s’attend malheureusement à une perte de 40.000 ou 50.000 emplois. En même temps, nous voulons actionner tous les leviers pour que la relance soit rapidement au rendez-vous. Nous avons des crédits européens pour environ 5 milliards d’euros pour la Belgique. Il faudra les activer de manière stratégique, dans une transition qui ramènera plus d’activités chez nous. La transition est aussi environnementale. Ce sera un défi incontournable pour la Wallonie. »